Née à Londres en 1913, dans la branche anglaise de la famille Rothschild, la baronne Pannonica de Koenigswarter - surnommée Nica - connut très tôt une passion sans limites pour le jazz. Elle fut l’amie intime et la confidente des plus grands jazzmen et leur vint en aide sans compter. On sait que, malade, refusant de se faire hospitaliser, Charlie Parker mourut chez elle, et Thelonious Monk y vécut les neuf dernières années de sa vie. Avec son Polaroïd, elle photographia, le plus souvent chez elle, la plupart des musiciens . Entre 1961 et 1966, elle leur posa cette question ingénue : " Si on t’accordait trois vœux qui devaient se réaliser sur-le-champ, que souhaiterais-tu ? " projetant de réunir leurs réponses souvent spontanées dans un livre. Ce livre, resté inédit à ce jour, le voici, réalisé d’après la maquette originale de Pannonica. Trois cents musiciens répondent à la question. Duke Ellington : " Mes vœux sont simples ! je veux ce qu’il y a de mieux ! " Et Miles Davis : " Mon vœu ? Etre blanc ! "
S'inspirant de son idole de jeunesse, Larry Adler, le pionnier de l'harmonica Toots Thielemans a fait beaucoup pour donner à son instrument de prédilection des lettres de noblesse supplémentaires. S'il œuvre principalement dans l'univers du jazz, le Bruxellois d'origine n'hésite pas à franchir les frontières de la pop et de la musique world. Siffleur accompli et guitariste compétent, Thielemans manie l'harmonica avec la vitesse et la fluidité qu'on associe généralement aux saxophonistes. Depuis ses débuts, il y a plus d'un demi-siècle, il a su se construire un important capital de reconnaissance populaire tout en conservant l'estime des puristes. Né à Bruxelles à l'aube de l'âge d'or du jazz, Jean « Toots » Thielemans se met à l'accordéon à trois ans. Il découvre l'harmonica une dizaine d'années plus tard. Un concert de Django Reinhardt, en 1941, le convainc d'ajouter la guitare à son cv.
Il compose Bluesette en 1962, composition qui deviendra un standard et lui vaudra une renommée internationale.
Extrait de l'opéra Porgy and Bess de Gershwin, “Summertime” compterait plus de 10 000 versions à son actif. Ce qui en fait le standard le plus repris de l'histoire du jazz. Mais c'est l'interprétation d'Ella Fitzgerald et de Louis Armstrong qui continue à faire référence.
Il est à peu près sûr que le jazz est né au début du XX e siècle à la Nouvelle-Orléans dans les quartiers chauds de la prostitution. Il s'est ensuite déplacé à Chicago, puis à New York. Il est issu à la fois des work songs (les chants de travail des esclaves noirs), des negro spirituals et du gospel. Quels ont été les liens entre prohibition et jazz ?
On peut dire que la prohibition a été un vrai moteur pour le jazz. Dans les bars clandestins où l'on vendait de l'alcool, les gens voulaient s'amuser, faire la fête. Et pour cela, il fallait de la musique. Le jazz s'est donc imposé dans les lieux de prohibition. Quand celle-ci s'est arrêtée, le jazz est sorti au grand jour. Comment se fait-il qu'il y ait eu aussi peu de chansons de jazz engagées contre la ségrégation des Noirs ?
La première raison est commerciale. Certains militants comme Louis Armstrong ne souhaitaient pas provoquer le public. Et beaucoup de standards de jazz proviennent de comédies musicales qui ne se distinguent pas par leur engagement ! Ensuite, la plupart des grands chanteurs de jazz (excepté quelqu'un comme Nina Simone) n'étaient pas paroliers. On constate le phénomène exactement inverse avec le hip hop où les interprètes sont souvent auteurs de leurs chansons.
**LOUIS ARMSTRONG* **WHEN THE SAINTS GO MARCHING IN**
En 1952, Dizzy Gillespie adopte la trompette coudée un peu par hasard : sa trompette ayant été accidentellement déformée, il tombe amoureux de cette sonorité et fait confectionner son nouvel instrument sur ce modèle !
En 1964, Dizzy se montre une fois de plus à la hauteur de son surnom, le "Vertigineux", en se présentant à l'élection présidentielle ! Il promet qu'une fois élu il rebaptisera la Maison Blanche en "The Blues House", et que Miles Davis sera nommé directeur de la CIA.. Il finit quand même par retirer sa candidature en faveur de Lyndon B.Johnson
Sammy Davis Junior est le type même de l'artiste complet, à la fois chanteur, acteur, danseur et batteur. Ses prestations sont toujours énergiques, et son premier album, Starring Sammy Davis Jr., en 1954, fait un triomphe. Ce membre de The Rat Pack avec Frank Sinatra et Dean Martin apparaît dans de nombreuses comédies musicales, à Broadway (Mr. Wonderful, Golden Boy) et au cinéma aux côtés de Frank Sinatra et Shirley MacLaine. Extrêmement populaire au cours des années 60, il enchaîne les albums et les succès (comme « The Candy Man », en 1972). En 1989, il accomplit une tournée mondiale avec Liza Minnelli et Frank Sinatra, avant d'être emporté par la maladie.
Bill Evans est le pianiste qui a eu le plus d'influence pendant les années 60 sur le jazz moderne. Aujourd'hui encore, son art raffiné et subtil, souple et inspiré fait parfois tache dans la musique de jazz actuelle. Pianiste influencé au départ par le bop et Bud Powell, Bill Evans est reconnu comme un pianiste original aux harmonies très personnelles. La suavité de ses phrases au piano n'a d'égale que sa propre personnalité. C'est chez lui une question d'esthétisme et non pas de style. Sa musique que l'on pourrait parfois assimiler à de la musique de chambre pour jazz est d'une grande élégance. Bill Evans est l'un des grands pianistes de jazz moderne.
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